Dès son enfance, Hamdi Makhlouf s'imprégna dans la tradition musicale arabo-orientale. Ses préférences étaient dirigées vers les emblèmes de cette tradition (Mohamed Abd Al-Wahab, Om Kolthoum et Fayrouz pour les monologues, Sabah Fakhri pour la musique d’Alep, Hedi Jouini et Mohamed Jammousi pour la variété tunisienne soutenue). L’intégration de l’ISM de Sfax lui a permi d’élargir son écoute aussi bien à la musique traditionnelle classique arabe (qasâid, muwashshhât et azjâl) qu’aux autres musiques traditionnelles des aires géoculturelles voisines (Le Maghreb, Le Moyen-Orient et L’Europe). En parallèle, conscient des capacités expressives riches du ‘ûd, il éprouva le besoin d’adapter son instrument à de nouveaux contextes musicaux s’inspirant ainsi de plusieurs expériences artistiques : (1) Celles des ‘ûdistes (luthistes) les plus marquants tels que Cherif Muhyiddine Haydar (le fondateur de l’école de luth deBagdad), ses disciples Munir Bashir, Jamil Bashir, Salmane Shukur, et, dans une étape ultérieure, Naseer Shamma, Khaled Mohamed Ali, Ali Hassan, etc… (2) Celles qui sont tentées par la fusion de plusieurs genres musicaux ; en particulier le jazz et les musiques du monde. L’expérience du Jazzman guitariste tunisien Fawzi Chekili lui était une des plus marquante.
En France, et jusqu’à présent, Hamdi Makhlouf est exposé à une différence stylistique surprenante. Par sa formation en ethnomusicologie générale, il s’est plus penché vers l’expérience du projet SHAKTI de John McLaughlin par le biais de la musique indienne ; l’expérience de Karim Ziad, Nguen Le et Bojan Zulficarpazik à travers la musique afro-maghrebine, asiatique et de l’Europe centrale ; et, bien évidemment, vers les expériences de fusion des ‘ûdistes (notamment celles des tunisiens Anouar Brahem, Dhafer Youssef et du libanais Rabih Abou Khalil). Actuellement, Il tente d’orienter son écoute vers la musique contemporaine occidentale tels les œuvres de Boulez, Xenakis, Berio, etc..